jeudi 29 avril 2010

Montpellier et sa Place de la Comédie

Place de la Comédie, "coeur vivant" de Montpellier : les Estivales, la Comédie du Livre, "l'âme" des Montpelliérains

La place de la Comédie à Montpellier et ses manifestations"Quand je retourne à Montpellier, après un voyage, ma première promenade me mène à la Place de la Comédie. Pour me donner le sentiment d'être vraiment à Montpellier." La dame dans la cinquantaine sourit. Cela ne fait que quatre ans qu'elle habite Montpellier. Mais elle a "adopté" la ville, "...et les Montpelliérains m'ont adoptée. Montpellier est devenu ma 'patrie'."

"La Place de la Comédie, c'est...", le jeune homme réfléchit. "...je dirais que, pour moi, c'est un peu le coeur de la ville, n'est-ce pas ?" - Et un autre jeune homme, plus romantique, ajoute : "C'est ici où bat le coeur des Montpelliérains."

Les deux ne sont pas les seuls à avoir de telles idées. Pour beaucoup de Montpelliérains, la Place de la Comédie forme le "véritable" centre de leur ville. "Peu importe la direction qu'on prend - plus tôt ou tard, on aboutit toujours à la Place de la Comédie", constate aussi une jeune femme qui, comme elle dit, "découvre Montpellier comme si j'étais touriste".

"Où se passent des choses à Montpellier ?" résume un Monsieur d'une quarantaine d'années la question de l'équipe des Gens de Montpellier. "Un peu partout, je dirais." Il réfléchit. "Mais la plupart des manifestations ont lieu sur la Place de la Comédie. Souvent, elles commencent là-bas et elles finissent aussi là-bas. Et quand les Montpelliérains se donnent rendez-vous, c'est souvent sur la Place de la Comédie, devant la Fontaine des trois Grâces."

Une dame d'à peu près le même âge est du même avis. "Le week-end, quand vous vous sentez seul, vous n'avez qu'à aller à la Place de la Comédie. Vous pouvez être sûr qu'il y a quelque chose, une foire, un marché, une manifestation, un concert... et s'il n'y a rien, par hasard, vous y rencontrez une foule de personnes intéressantes."

Montpellier, la Comédie"Comment je trouve la Place de la Comédie ?" demande une autre dame du même âge. "Belle, tout simplement belle, avec tous ses magnifiques bâtiments."

Toutefois, cela n'est pas l'idée de tout le monde. Une dame dans la soixantaine, avec un accent assez fort, assure que la Comédie serait une des places les plus moches qu'elle connaît. "Et je dois le savoir", assure-t-elle, "je voyage beaucoup." - Et quel est l'élément qui, selon elle, rendrait la Comédie si "moche" ? - "Les anciennes maisons autour de la place, ça va, bien que, chez nous, vous en trouviez des plus belles. Mais ses grandes constructions modernes à côté de la place", avec un signe de tête, elle indique la direction du Polygone, "sont affreuses." - Quel est donc ce "chez elle" où les maisons sont si belles ? - "À Vienne, en Autriche. C'est la plus belle ville du monde."

Heureusement, elle semble être la seule à avoir cette opinion : "Magnifique", assure un Monsieur avec un accent anglais, "une place d'une grande beauté. Et l'opéra, elle aussi est très belle. Dommage, seulement, qu'on ne voit pas très bien la statue au milieu", il parle de la Fontaine des trois Grâces, "à cause des travaux. Mais ça me donne une raison de revenir."

Place de la Comédie, MontpellierEt une dame qui parle un mélange entre le hollandais et le français : "Je viens souvent à Montpellier, J'aime cette ville. Mon fils fait ses études à Montpellier, c'est grâce à lui que j'ai découvert votre ville. Et j'aime beaucoup votre Place de la Comédie. Elle est très ensoleillée et il y a toujours quelque chose à voir."

"Quelle est ma première pensée quand on évoque le nom de la Place de la Comédie ?" répète une dame dans la cinquantaine qui a passé presque toute sa vie à Montpellier et, comme elle dit, n'a pas envie de bouger. "Voyons. Aux cafés, bien sûr. Et aux soirées d'été. Aux amis avec qui j'ai passé beaucoup des heures dans les cafés de la Comédie." Elle hésite. "Oui, à la Comédie du Livre, aussi. J'y vais tous les ans. Et bientôt, on y est de nouveau..."

"La Comédie du Livre", répond aussi un Monsieur dans la soixantaine. "Des foires de livres, vous en trouvez partout dans le monde. Mais la Comédie du Livre, ça n'existe qu'à Montpellier."

"Faire la fête", avance un jeune homme qui affirme être étudiant à la fac des lettres. "En été, les vendredis, comment ça s'appelle ?" Une jeune femme de son groupe d'amis l'aide : "Les Estivales." "Ah oui", reprend le jeune homme, "bien sûr, les Estivales. C'est génial. On peut y aller avec des copains. Ou tout seul, parce qu'on y rencontre toujours l'un ou l'autre jeune qu'on connaît."

Une dame dans la trentaine pense d'abord à l'écologie. "Il y a pas mal de manifestations écologistes, sur la Comédie", raconte-t-elle. "Et au niveau des manifestations culturelles ? La Comédie du Livre. Fin mai."

Pour une autre dame, la Place de la Comédie n'évoque pas vraiment l'image de manifestations. "La Comédie", dit-elle, "c'est... la Comédie. Je veux dire que cette place ne peut être comparée à aucune autre. Elle appartient aux Montpelliérains, elle exprime leur mode de vie - leur joie de vivre. La Place de la Comédie, c'est Montpellier. Son âme ou, plutôt, l'image de son âme..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 28 avril 2010

Montpellier et l'animal en ville : la Comédie des animaux

"L'animal en ville", la mairie de Montpellier, la SPA et la protection des bêtes

La comédie des animaux, MontpellierÀ Montpellier, les livres ont leur Comédie, les langues régionales ont leur Comédie, l'écologie, le miel, ... Pourquoi, alors, les animaux ne devraient-ils pas avoir leur Comédie eux aussi ?

Ce n'est certainement pas pour rien que Montpellier a emporté déjà deux fois le trophée "animal en ville", décerné chaque année à une commune française qui prend particulièrement au sérieux sa tâche de s'occuper des compagnons à quatre pattes. Ainsi, il va de soi qu'un stand de la mairie était présent à la deuxième édition de "L'animal en ville" à la Place de la Comédie. Sa tâche consistait dans la distribution des informations - selon le principe qu'un animal de compagnie ajoute à l'éducation citoyenne.

Et, du point de vue éducatif, les brochures sur le stand de la mairie étaient réussies. Ainsi, toujours sous la devise "Ils font partie de notre vie, ils font partie de notre ville", on y trouve des informations sur "Les animaux errants et divagants", "Les animaux mordeurs" (Ils font partie de notre vie...), "L'unité de capture" (Ils font partie...) ou "Chiens dangereux"... Chaque brochure est ornée par un serpent nommé Balboa, de "7 mètres 40 de souplesse", du chien Jappy "18 ans hier matin, majeur et vacciné", des oiseaux, d'un chat "Auxiliaire de vie" et d'un autre chien, Falbala "3 ans et toutes ses dents, propre et bien élevée".

Les animaux de Montpellier ont leur ComédieLe citadin a alors la possibilité d'apprendre que la "mission de capture des chiens mordeurs" est assurée par les mêmes agents ("dûment formés et habilités") qui surveillent le "stationnement payant." Une autre brochure informe le citadin que chaque animal qui a mordu quelqu'un doit être mis sous surveillance pour s'assurer qu'il n'a pas la rage. Et finalement, l'éducation du citadin s'étend jusqu'à l'information que un chien dangereux de première catégorie ("ils font partie de notre vie") n'a pas le droit de prendre le tram ou le bus, de se promener "aux lieux publics" - sauf dans la rue - ou de "stationner dans les parties communes des immeubles."

Mais le stand de la ville propose également une brochure destinée aux maîtres des animaux - car eux aussi "font partie de notre vie". Le maître apprend alors que 270 Toutounets sont présents dans les quartiers de Montpellier, c'est-à-dire des distributeurs de sachets pour ramasser les "déjections" de leurs compagnons - car salir la rue coûte 11 euros d'amende. Le maître apprend aussi que, en 2007, la fourrière aurait stérilisé 900 chats...

Toutes ces informations sont importantes pour la vie à Montpellier, certes. Mais la mairie de Montpellier est-elle aussi responsable des animaux mal traités ? - Pas directement, informe un Monsieur qui tient le stand de la mairie. Mais pour cela, nous avons la "SPA, la "Société Protectrice des Animaux". Et il va de soi que cette organisation nationale a elle aussi son stand sur la Comédie.

Les animaux de MontpellierLe stand de la SPA est certainement un des plus attractifs de "L'animal en ville" - des petits animaux en peluche, en caoutchouc, en plastique,... tout pour attirer l'œil des (grands et petits) enfants et de persuader les visiteurs d'offrir leurs sous à la SPA et son œuvre auprès des animaux. C'est ici où les chiens errants trouvent un abri et de la nourriture. Et l'animal mal traité ?

Oui, bien sûr, répondent les dames qui tiennent le stand sur la Comédie. La SPA s'en mêle dès que quelqu'un est en mesure de prouver qu'un maître traite mal son animal. Que cela signifie-t-elle en pratique ? - Tout simplement que la SPA se porte partie civile en cas de plainte. La Société Protectrice des Animaux paie donc son propre avocat et, ensuite, elle encaisse une partie de l'amende que le maître doit payer...

Et l'animal, en attendant le procès ? - La SPA a le droit de s'en occuper sous condition que le maître le permet. Sinon, la bête ne peut que prendre en patience son mal et attendre, sagement, la fin de la procédure.

Mais la manifestation de "L'animal en ville", c'est aussi le spectacle : celui des chiens bien dressés. Les démonstrations des chiens qui ne quittent pas des yeux leurs maîtres, ne bougent pas sans avoir la permission et trottent toujours sagement "à pied" sont bien impressionnantes - surtout pour le propriétaire d'un chien qui saute sur les fauteuils et pique les bons morceaux de la table, tandis que son propriétaire, bien désespéré, l'engueule...

Toutefois, le spectacle ne dure évidemment pas toute la journée. Et l'amour immense de ces bêtes pour les humains est récompensé par une longue pause - dans une cage minuscule.

Ce qui ne veut pas dire que la manifestation "L'animal en ville" ne donnerait pas aussi la parole aux associations montpelliéraines. Il y a, par exemple, l'école des chats qui veille sur "une gestion et un contrôle efficace des campagnes de stérilisations". Un élément de "bon éducation" des chats a été développé dans des villes au nord de la France : on monte des "points de nourriture" pour attirer les chats errants qui, après recensement, permettent aux "enseignants" de "l'école des chats" de les capter sans résistance majeure.

Un rayon de soleil parmi tous ces "amateurs d'animaux" : l'Association SOS Nature de Madame et Monsieur Picard. Ils s'occupent de ceux qu'on appelle les "Nouveaux Animaux de Compagnie", les NAC, les serpents et autres bêtes qui n'ont rien à faire dans un appartement et un petit jardin. Le problème principal n'est pas le danger pour les humains - la plupart de ces animaux ne sont pas dangereux - mais le danger pour les animaux eux-mêmes. Presque tout le monde sait, comment traiter un chien ou un chat, et s'il ne le sait pas, il trouve facilement conseil. Un serpent, par contre, a des besoins peu connus... et risque d'effrayer les gens qui ne le connaissent pas au point de subir par eux la "peine de mort".
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 24 avril 2010

Le Grand Bazar du Printemps à Montpellier

La "grande braderie" à l'Écusson, fête de rue organisée par la Chambre de Commerce

Le grand bazar du printempsD'abord, il n'y avait que quelques étals un peu perdus à droite et à gauche des rues commerçantes. "Il est encore tôt", disaient les commerçants consultant leurs montres de plus en plus souvent. 14 heures, 14 heures 30, 15 heures - toujours pas grand monde...

Et tout à coup, vers 16 heures de ce vendredi, tout avait changé. L'espace entre les stands qui, auparavant, semblait si large, n'était plus assez grand pour accueillir tout ce monde qui se pressait autour de ces tables où, dans la rue devant leurs boutiques, les commerçants exposaient leurs "offres spéciales" de la journée : 20 pour cent, 30 pour cent, jusqu'à 50 pour cent sur les marchandises exposées pendant toute la durée du "Grand Bazar du Printemps".

L'idée vient de la Chambre de Commerce à Montpellier, et la ville s'y est associée avec enthousiasme : deux jours où les Montpelliérains pourront se promener dans les rues du centre, d'un stand à l'autre, d'une offre à l'autre, comme sur un marché immense. Cette année-ci, 400 commerçants ont promis d'y participer - et pour l'édition de l'automne, prévue pour le premier week-end d'octobre, Marc Dufour de la Chambre de Commerce espère même la participation de 500 commerçants montpelliérains.

Montpellier, le grand bazarLe principe est simple : une grand "braderie" partout dans lÉcusson dont peuvent profiter tous les Montpelliérains. Mais la différence entre un marché "ordinaire" et le Grand Bazar du Printemps consiste au fait que ce sont les commerçants de Montpellier eux-mêmes qui proposent les offres et non des marchands venus d'ailleurs qui ont l'habitude de s'installer là où il y a des marchés. Pour une fois, la braderie a lieu entre Montpelliérains (et leurs visiteurs) : les clients peuvent se rapprocher de leurs commerçants, faire connaissance, lier des relations qui, pourquoi pas, peuvent influer sur les affaires de l'année entière. Les commerçants de Montpellier peuvent découvrir leurs clients, dans une ambiance de fête de rue, et les Montpelliérains peuvent découvrir des commerçants que, auparavant, ils n'ont peut-être même pas remarqués.

"À Montpellier, il se passe toujours quelque chose", s'exclame une étudiante avec un grand sourire. Elle raconte aux Gens de Montpellier qu'elle serait anglaise et venue en ville pour améliorer son français. "Il suffit de descendre dans la rue, et déjà on est en pleine fête. Surtout les week-ends." Sa copine française se montre moins enthousiaste, mais les paquets dans sa main témoignent de ce qu'elle aussi aime le Grand Bazar du Printemps. "Une très bonne idée", confirme-t-elle, "dommage qu'ils ne le font pas plus souvent."

Et les commerçants ? "Oui, j'aime bien l'idée de la grande braderie", explique un vendeur de vêtements. "On a l'occasion de parler avec des clientes qui, normalement, n'entrent pas dans la boutique. Je viens d'apprendre qu'il y en a qui pensent que mes vêtements seraient trop chers." Il sourit. "Il faudrait peut-être que je repense le style de ma vitrine."

Le grand bazar du printemps à MontpellierUn collègue est également content. "Aujourd'hui, je vois surtout des jeunes filles qui profitent d'une journée comme celle-ci pour renouveler leur garde-robe. Les offres spéciales conviennent bien à leur budget." - Ces clientes ne sont-elles pas perdues pour la vente des marchandises à prix régulier ? - "Non, parce que, de toute manière, ces jeunes filles ne viendraient pas dans la boutique. Elles ont l'habitude d'acheter sur les marchés et ailleurs où elles trouvent des offres moins chères."

Une conversation devant une boutique de cadeaux montre un vendeur et une cliente moins contents : "Vos offres ne sont pas très intéressantes", remarque la cliente, "comparées aux jolies choses que vous avez à l'intérieur de votre boutique." - Le vendeur hausse les épaules. "Vous comprenez", explique-t-il calmement, "une braderie, c'est bien beau, mais on n'y peut mettre que des fins de série."

Ailleurs, à côté d'un café, un groupe de fanfares s'apprête à égayer l'après-midi de leur musique. Lorsqu'il commence, plusieurs clients du café sourient - la musique leur plaît. Qui serait alors dérangé par la petite conversation entre les musiciens entre-entendue juste par ceux qui, avant que la musique commence, se trouvent directement à côté du groupe ? Doucement, il se moque des Montpelliérains et de leur "manie" de passer les après-midi aux cafés... Petite expression d'envie de ceux qui, venus d'ailleurs, connaissent plutôt le stress généralisé que l'ambiance des fêtes montpelliéraines ?

De toute manière, ni le désir de quelques clients de voir encore plus d'offres ni quelques remarques de musiciens n'arrivent à troubler l'ambiance. "Normalement, je ne travaille pas les samedis", dit une commerçante, "je préfère consacrer les week-ends à ma famille. Mais demain, ça sera autre chose. Je ne vais pas rater une si jolie occasion de voir défiler les gens dans la rue - et de faire des affaires. J'inviterai plutôt mes enfants de se joindre à moi et de profiter de la fête."

Et une jeune vendeuse ajoute : "Ce n'est pas super ? On est en printemps, et on peut passer la journée dehors. Pour deux jours, on n'a pas besoin d'être enfermés dans la boutique. On devrait faire ça tous le printemps et l'été - ça ferait plaisir à tout le monde."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 22 avril 2010

Fête de l'écologie - Avignon, Montpellier et les "petits gestes quotidiens"

L'écologie au quotidien - un sujet qui fait réfléchir les Montpelliérain

L'eau à MontpellierLe 8 et 9 mai prochains, le Montpelliérain qui se sent l'âme d'un écologiste - ou qui, tout simplement, s'intéresse à l'écologie au quotidien - aura plusieurs raisons de se déplacer à Montfavet près d'Avignon. La première est déjà assez tentante : passer un week-end agréable et découvrir plein d'informations et de produits issus des idées de l'écologie. Mais la deuxième est peut-être encore plus intéressante : comprendre ce qui signifie le concept de vivre l'écologie au quotidien.

Car l'écologie au quotidien est le sujet de la quinzième édition de la fête de l'écologie organisée par l'association A.V.E.N.I.R - l'Association Vauclusienne d'Éducation aux Énergies Non-polluantes, Indépendantes et Renouvelables - près d'Avignon. Pour les organisateurs de la fête, l'écologie au quotidien ne consiste pas seulement dans les petits gestes qui devraient faire partie des "automatismes" de tout le monde, mais aussi dans tout ce qui concerne la santé, les conditions de l'habitat, les produits qu'on utilise tous les jours, la nourriture, le bien-être et, à ne pas oublier, la solidarité...

...cette solidarité qui, justement, comme le souligne une jeune femme qui attend le tram au Corum, "ne fait plus partie de notre quotidien. On ne s'intéresse plus à ce qui arrive à notre voisin, et proposer son aide à quelqu'un qu'on ne connaît pas est souvent considéré comme insulte." - Et que, tout cela, a-t-il à voir avec l'écologie ? - "Ce constat concerne tous les aspects de la vie", continue-t-elle, "dont la solidarité du partage. On n'a plus l'idée de partager une voiture, un ascenseur ou un chauffage en hiver. Chacun vit dans son coin et ferme les yeux et les oreilles pour ne rien savoir des autres."

Montpellier, PeyrouLa base de la fête est constituée par un marché de quelque 250 exposants, du producteur bio à l'artisanat naturel, du "carrefour du commerce équitable" aux professionnels de l'économie des énergies. Mais cela n'est pas tout. Déjà, la fête de l'écologie propose un nombre immense de conférence sur la santé (comme, par exemple, les médecines quantiques ou la santé des intestins), des questions techniques (l'autoconstruction d'une éolienne domestique), l'agriculture, le climat et, bien sûr, l'écologie au quotidien considérée comme urgence citoyenne…

Ensuite, il y a des ateliers pour adultes et enfants. On parlera du bien-être, des finances, de l'eau, de l'énergie, des couleurs des vêtements ou de la construction d'une maison.

Toutefois, celui qui dit fête dit aussi musique. Ainsi, Marc-Antoine Stauffenegger, un musicien qui, d'habitude, régale son public avec des chansons de Piaf, Brel, Nougaro ou Brassens présentera des "chansons pour la planète". Mais aussi l'association planète bleue, Calypsud Steelband, Jean-Yves Chetail et plein d'autres musiciens mettent leur art à la disposition de l'écologie.

Tout cela pour notre planète. - Une telle fête peut-elle aider à sauver la vie de la Terre ou, du moins, à prolonger un peu l'existence d'un air respirable, d'une eau buvable et d'une qualité de vie dans le sens de la santé et du bien-être ? - Selon les annonces des organisateurs, la réponse est dans la sensibilisation. Ils parlent de l'urgence pour deux millions d'habitants des pays où le minimum ne fait pas partie du quotidien, pour le gaz ou le pétrole dont les réserves seraient épuisées dans 60 et 40 ans respectivement, pour les forêts primaires en voie de disparition, la biodiversité et la santé de l'homme. Ils accusent "ceux qui nous bernent quotidiennement sous couvert de démocratie" de ne pas prendre soin de notre héritage naturel et demandent aux habitants de la planète de prendre leur destin en main. Ils évoquent les déchets d'une civilisation consommatrice qui polluent les sols et les eaux, les bouteilles plastiques qui devraient disparaître des commerces et la responsabilité des consommateurs.

Reste la question si un consommateur peut vraiment améliorer le bien-être de notre planète et de ses habitants. "Oui, sûrement," dit une dame dans la cinquantaine. Chaque bout de papier que nous ne jetons pas inconsciemment peut contribuer au sauvetage d'un arbre. Chaque bouteille de plastique qui n'est pas produite prolonge la durée de la réserve du pétrole. Chaque chauffage éteint empêche la production de quelques déchets nucléaire..."

Montpellier écologieUn jeune homme qui, comme la dame, fait ses cours au Polygone, n'est pas d'accord. "Vous voulez rire ?" demande-t-il avec un sourire provocateur. "Les gestes quotidiens des citoyens ? À quoi ça servirait ? Imaginez cent Montpelliérains qui éteignent leurs lampes une heure plus tôt pendant une semaine. Ou un mois, si vous préférez. Ça sonne comme beaucoup d'économie d'énergie. Mais si vous comparez ce gain d'énergie à la consommation d'une toute petite usine de… tout ce que vous voulez, de papier, par exemple, ou de nourriture pour chien, ce n'est strictement rien. On nous dit de ne pas utiliser la voiture - mais tant qu'il y a des avions, la pollution par les voitures reste ridicule. On nous dit aussi de ne pas gaspiller le papier. Mais pensez-vous vraiment que c'est pour le papier qu'ils coupent les forêts en Amazonie et dans les Pyrénées ? Regardez une seule fois les listes des subventions accordées par l'Europe - c'est là le 'secret' de l'écologie. Un propriétaire de forêt gagne son argent par le biais des subventions qui l'incitent à couper ses arbres et pas par le prix ridicule payé par les fabricants de papier."

"Oui", assure un autre homme, un peu plus âgé, "il est bien de sensibiliser les gens à l'écologie. La plupart des gens ne sont ni méchants ni pollueurs - le problème est tout simplement qu'ils ne réfléchissent pas. Une fête est un excellent moyen de les réveiller et de les faire réfléchir un peu."

"Je ne sais pas", commente une dame dans la quarantaine, "ils parlent tout le temps de l'écologie, c'est à la mode, maintenant. Je pense qu'ils ont raison, mais je ne m'y connais pas vraiment. De toute manière, il faudrait faire en sorte que les gens se sentent mieux. Le bien-être, c'est ce qui est important, n'est-ce pas ?"
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 21 avril 2010

Faire la fête à Montpellier : les Estivales, les Hivernales, la plage et la Comédie des livres

Où les Montpelliérains font-ils la fête ?
- Micro-troittoir

Place Jean Jaurès, MontpellierMontpellier, ville d'étudiant, ville jeune, ville où on fait la fête. Jadis, les étudiants ont fait la fête autour de l'église Notre-Dame-des-Tables, à l'emplacement où, aujourd'hui, se trouve la place Jean Jaurès. Cela n'a pas vraiment changé - bien qu'il n'y ait plus d'église, la place est restée ce qui elle était des siècles auparavant... la place où les étudiants font la fête.

Mais il n'y a pas que la place Jean Jaurès pour faire la fête. "Où je fais la fête ?", répète la dame d'une trentaine d'années qui, justement, prend un café à l'endroit où, jadis, se tenait l'église Notre-Dame-des-Tables. "Déjà, vous partez du principe que je fais la fête." Elle éclate de rire. "Mais vous avez raison. Bien sûr que je fais la fête. Comment pourrait-on vivre à Montpellier sans faire la fête ?"

Puis, elle se met à réfléchir. "Je crois que, pour la plupart des gens, la terrasse d'un café n'est pas le bon endroit pour faire la fête. On sort, on prend un verre, mais la vraie fête, ç'a lieu chez les gens. Dans un appartement ou sur une terrasse, autour d'un barbecue..."

"Mais on fait la fête partout", sourit un Monsieur dans la cinquantaine. "Vous ne voyez pas ? Regardez autour de vous. Tout le monde fait la fête, tout le temps."

Ensuite, toutefois, il devient sérieux. "Ici, les gens ont besoin du soleil pour faire la fête. Ils aiment être dehors, profiter du beau temps. C'est la raison pour laquelle la saison des fêtes commence maintenant. Les fêtes ont lieu à la plage, sur l'Esplanade..." - il fait allusion à l'Esplanade Charles de Gaulle et les Estivales - "ou dans les jardins privés. Mais le soleil ou les étoiles doivent toujours être au rendez-vous."

La fête sur l'Esplanade Charles de GaulleUn étudiant lui donne raison. Lui aussi pense que "la véritable fête" a lieu à l'extérieur. "Nous on fait la fête à la plage, le pique-nique d'abord, puis la musique et on danse. À la plage, on ne dérange personne, l'ambiance est agréable et on peut faire ce qu'on veut. Et ça ne coûte pas trop cher, parce que tout le monde amène quelque chose. On n'a pas besoin de payer pour nos boissons, genre dans un bar, mais on les achète au supermarché. Comme ça, la fête n'est pas chère et on peut recommencer autant de fois qu'on veut." - Et recommencent-ils souvent ? - "Bien sûr, on fait la fête tout l'été. Tant qu'il fait beau, en fait."

Il y a cependant aussi les fêtes plus ou moins organisées. Une dame d'environ quarante ans est la deuxième à évoquer les Estivales sur l'Esplanade Charles de Gaulle. "Ce sont des moments où vous avez l'impression que tout Montpellier fait la fête. On se rencontre autour de grandes tables, on achète la bonne nourriture, chacun selon ses envies et ses moyens, et tout le monde parle à tout le monde. C'est ce que je trouve si formidable à Montpellier : les gens sont ouverts. Vous ne trouvez pas beaucoup de villes si conviviales comme Montpellier."

"...et tout cela sous un ciel plein d'étoiles", ajoute une autre dame, plus jeune, qui pense à l'aspect "romantique" des Estivales. "Et avec beaucoup de bonne musique."

Et les Hivernales ? "Si j'ai entendu parler des Hivernales ?" demande un Monsieur dans la trentaine. "Non désolé." - S'il ne connaît pas les Hivernales, connaît-il les Estivales ? - Oui, je les connais. J'y vais avec des copains. Vous parlez bien de la fête tous les vendredis soirs, en été, sur l'Esplanade..."

"Les Hivernales ? Oui, je sais ce que c'est", répond un jeune homme. "C'est sur l'Esplanade, comme les Estivales. Mais sous la tente. Ç'a lieu pendant l'époque de Noël, le marché de Noël, en fait. Mais j'y suis jamais allé." - A-t-il déjà assisté aux Estivales ? - "Oui, je trouve ça sympa. Mais quand il y a les Estivales, il fait beau. Manger sous une tente, par contre, en plein hiver, ça ne me plaît pas beaucoup." Il hésite pour, ensuite, ajouter en souriant : "Ce n'est pas l'idée qu'on se fait d'une fête, n'est-ce pas ?"

Jardin du PeyrouQue fait-on lorsqu'on fait la fête ? "On mange, on boit, on bavarde...", répond un autre jeune homme. "Et on danse", complète sa copine, "enfin, ceux qui veulent. C'est pas tout le monde qui a envie de danser..." Et elle jette un regard significatif vers son copain.

Toutefois, la fête à Montpellier, ce n'est pas toujours manger, boire et danser : "La plus grande fête à Montpellier est la Comédie des livres. C'est un événement auquel je pense pendant toute l'année. Et quand il arrive enfin, il est toujours trop court", explique la dame d'une quarantaine d'années. "On peut regarder les livres à loisir, il y a des discussions, des conférences, des rencontres avec les auteurs,..."

Une étudiante évoque également la Comédie des livres. "C'est la date la plus importante de la saison. Tout le monde y va. On invite des gens intéressants, des écrivains, surtout, et on a la possibilité de discuter avec eux. Non seulement avec les écrivains, mais aussi avec des responsables des maisons d'édition. Et il y a toujours un thème - je crois que c'est la Russie, la prochaine fois."

"Faire la fête", reprend une autre étudiante en revenant sur le sujet initial. "C'est s'amuser, être bien avec des amis. On peut faire la fête chez les gens, sur l'Esplanade, à la place Jean Jaurès - y a des cafés sympas -, la Comédie, place de la Canourgue et à la plage. Maintenant, ça sera surtout à la plage, bien sûr."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 18 avril 2010

Agora des Savoirs à Montpellier : début du troisième cycle

La modernité, ses mythes et ses politiques à l'Agora des Savoirs à Montpellier

Salle Rabelais, MontpellierMontpellier, le 4 novembre 2009. La salle Rabelais sur l'esplanade Charles de Gaulle est pleine "à craquer". Plus une place n'est libre, les Montpelliérains assis sur les marches se serrent les uns contre les autres, et il y a tant de gens debout dans les couloirs d'entrée des deux étages que personne n'arriverait plus à gagner la salle, même s'il y restait de place pour poser des pieds.

Que se passe-t-il ? Le Président de la République rend-il visite à Montpellier ? Où le concert d'un rock star international ? Une tombola dont tous les présents rentreraient gagnant du grand lot ? - Non, c'est la science, tout simplement.

Les organisateurs - la mairie en collaboration avec la librairie Sauramps - n'en reviennent pas. On s'en doutait que les conférences de science pourraient avoir du succès auprès des Montpelliérains... mais personne ne comptait sur un succès si immense que le maire Hélène Mandroux se sentaient obligée de promettre au public que, à partir de la prochaine fois, on prévoirait plus de chaises...

Et non, ni le sujet de ce premier soir du cycle des trente conférences dénommé l'Agora des Savoirs, ni le type de la conférence, ni la présence du conférencier à Montpellier n'était unique. L'invité de cette soirée était Jean-Claude Guillebaud qui posait la question : "Quel monde préparons-nous ?". Un sujet fascinant, certes, un conférencier excellent - mais ce n'était pas la première fois qu'on parlait de ce sujet, et ce n'était pas la première fois non plus que Jean Claude Guillebaud se manifestait à Montpellier.

Science à MontpellierQue, ce soir-là, était donc si unique que tant de Montpelliérains se sentaient attirés ? Jusqu'à aujourd'hui, personne ne connaît la réponse ou, plutôt, on sait que la réponse n'existe tout simplement pas. Car, comme on a apprit rapidement, la situation était loin d'être unique : depuis novembre, elle se répète semaine après semaine. Chaque mercredi, la salle Rabelais "déborde", et celui qui veut une bonne place a intérêt à se présenter une heure avant le début de la conférence.

À partir de la deuxième semaine, on avait bien trouvé une solution pour "caser" un peu plus de monde : on montait un grand écran dans la salle au rez-de-chaussée pour que ceux qui ne trouvait plus de place pouvait au moins suivre la projection. Et ce n'était pas tout : entre-temps, toutes les conférences sont diffusées sur Internet, on peut les écouter et observer par vidéo. Mais toutes ces mesures n'ont pas aidé à vider la salle Rabelais les mercredis soirs.

Petit à petit, les habitudes se sont installées. Ceux qui avaient la possibilité sont venus une heure avant le début de la conférence, on sympathisait, des débuts d'amitiés se sont liés. D'autres amenaient des livres ou même du travail pour passer le temps. Les premiers arrivés ont essayé de garder des places pour des gens qui, à 19.30 heures, ont encore travaillé ou étaient autrement empêches de venir. Et petit à petit, la "guéguerre" entre le public et certains membres du personnel de la mairie a commencé : les uns ne voulait qu'une bonne place pour eux-mêmes et leurs amis, les autres ne voulaient qu'un peu de pouvoir, une fois par semaine. Ainsi, on a commencé à bloquer l'accès à la partie supérieure de la salle pour que les gens soient obligés de s'installer en bas jusqu'à ce que toutes les places soient prises - ceux qui venaient tôt étaient punis par l'interdiction de choisir librement leur siège. Ensuite, on a essayé d'interdire aux gens de réserver des places pour leurs amis...

Toutefois, Montpellier est Montpellier, et les Montpelliérains n'ont pas l'habitude de se laisser faire. Ceux qui sont venus les premiers ont réclamés les meilleures places, et ceux qui travaillaient tard ont insisté à ce qu'on permet à leurs amis de leur réserver des sièges - bref, une mini-révolution a rodé dans la salle Rabelais, tout bas, ponctuée par l'ironie et la rigolade. Jusqu'à ce que ceux qui étaient au "pouvoir" aient renoncé, et tout est rentré dans l'ordre...

Agora des Savoirs, MontpellierCe qui ne veut pas dire que la salle serait moins remplie, maintenant, des mois et des conférences plus tard. Peu importe la météo, peu importe la "concurrence" de, par exemple, un match de foot, les Montpelliérains viennent écouter la science, tous les mercredis, fidèles au rendez-vous. Le premier cycle était entièrement consacré à la science pure : Jean-Pierre Luminet et la formation de l'univers, les origines de la vie avec Marie-Christine Maurel de Paris 6, Jean-Claude Bousquet et l'Hérault géologique et Darwin ou Jean Gayon avec Darwin et la sélection naturelle faisaient leur apparition.

Le deuxième cycle appartenait à l'homme, la société et la culture. Pascal Picq, par exemple, parlait des origines de l'homme, Jean-Pierre Lebrun expliquait aux Montpelliérains, pour quelle raison "La condition humaine n’est pas sans conditions" et Maurice Godelier venait pour nous mettre "Au fondement des sociétés humaines".

Or, le temps passe et le printemps est arrivé. Et avec lui, le troisième cycle de l'Agora des Savoirs qui sera entamé mercredi prochain. Cette fois-ci, on discute de la "modernité" : ses mythes, ses politiques - et ses crises. Pierre Manent parlera aux Montpelliérains de la "Naissance de la politique", et il sera question d'un nouvel ordre de politique, de la raison et de la volonté de l'homme. Et rien ne laisse espérer que ces sujets inciteraient moins de Montpelliérains à envahir la salle Rabelais...

D'autres articles sur l'Agora des savoirs à Montpellier 
À la découverte de l'Hérault géologique
Science à Montpellier : Picard, Tandon et l'astronomi
Photos et texte : copyright Doris Kneller

vendredi 16 avril 2010

Montpellier et le climat : l'éruption volcanique en Islande et ses impactes sur le climat

L'éruption de l'Eyjafjöll, a-t-elle un impacte sur le climat à Montpellier ? - Micro-trottoir

Les Montpelliérains et le climatÀ Montpellier, on parle beaucoup du climat, ces jours-ci. Montpellier signe, par exemple, le plan climat de Languedoc-Roussillon, les Montpelliérains manifestent pour le climat, ils organisent un flash mob et font du bruit - aussi pour le climat - ils organisent des cafés à thème sur les enjeux climatiques, et ils participent à l'opération 60 Earth Hour pour sensibiliser leurs concitoyens au réchauffement climatique de notre planète.

Et tout cela, parce que les agissement de l'humain ne sont pas en phase avec la nature : "L'homme", comme disait un des manifestants du "Flash Mob pour Copenhague", "est le seul animal qui détruit son propre habitat." - Or, comment les Montpelliérains réagissent-ils lorsque l'équilibre de la nature n'est pas forcément la suite des méfaits de l'humanité ?

Car, tout à coup, il n'est plus question des actes humains, mais de la nature en état pur : le 20 mars dernier, un volcan d'Islande, l'Eyjafjöll, est entré en éruption, créant des jets de cendre d'une hauteur de onze kilomètres qui perturbent le monde entier. Que les Montpelliérains en pensent-ils ? Se sentent-ils concernés par cet événement si loin dans le Nord ?

enjeu climatique"Oui, cela nous concerne", commente une jeune femme, "cela concerne la terre en général." Et elle ajoute : "C'est fou ce qu'on va voir encore - avec tout ce qu'on a fait à la terre." Ensuite, elle pense au trafic aérien qui est bloqué depuis des jours : "Dans les zones du Nord, les avions ne peuvent pas voler. Mais j'ai entendu que le nuage de cendres se déplace vers la Russie, on ne sera donc pas vraiment concernés par le problème des avions." Elle se rappelle : "Avez-vous vu les morceaux énormes de cendre tout noirs qu'ils ont montrés à la télé ?" - Et la question du climat ? - "Je pense que la température va monter jusqu'à je ne sais pas où. L'été prochain sera infernal."

Un Monsieur dans la cinquantaine explique le problème du nuage de cendres : "La cendre est très fine et profite de la moindre fente pour s'introduire à l'intérieur des avions qui traversent le nuage. Mais cette cendre fine est très trompeuse. Elle étouffe le moteur et l'avion tombe en panne."

Toutefois, il n'est pas d'accord avec la théorie de la jeune femme, selon laquelle les températures vont monter. "On ne sait pas combien de temps le volcan continuera à cracher des cendres. Mais s'il continue pendant des mois - ce qui est bien probable - ou même des années, ou, pire, si le volcan voisin commence aussi à cracher de la lave et des cendres - le soleil sera de plus un plus voilé par la fumée et les cendres. Ainsi, les températures baisseront d'au moins cinq degrés, partout dans le monde."

À Montpellier, cela signifierait un été moins chaud que de l'habitude. "Mais d'un point de vue global, cela serait une catastrophe climatique."

Un autre Monsieur, un peu plus jeune, ne voit pas de scénario si grave. "Oui, j'ai vu ça à la télé. Tout le monde en parle, de ce volcan. Mais je ne crois pas que ce soit si grave que ça. De toute manière, Islande est loin. Non, à Montpellier, nous n'en sommes pas concernés." - Et les voisins de l'Eyjafjöll eux aussi entreront-ils en éruption ? - "Meuh non, c'est des inventions de la presse. Pour le moment, ils se tiennent bien tranquilles, et il n'y a pas de raison pour que ça change."

Et une dame dans la trentaine : "Un volcan en Islande ? Non, j'en ai pas entendu parler. Pourquoi ? En fait, je ne regarde jamais les informations, ça ne m'intéresse pas. - Islande ? C'est une île près de la Norvège, n'est-ce pas ?"

Montpellier, climat et nature
Une autre dame, à peu près du même âge, est fascinée par les événements. "Ce nuage est gigantesque, même gigantesquement beau. Mais ce qui me fait peur, c'est le degré de vulnérabilité de tous ces trucs techniques. Bien, tant que je ne suis pas dans un avion, ça ne me regarde pas outre mesure."

Une troisième dame, elle aussi dans la trentaine, pense surtout aux enjeux économiques. "Les annulations des vols coûteront une fortune. Et on ne sait pas, quand ça cesse. J'ai entendu que le nuage quitterait bientôt la Scandinavie pour envahir le Sud de l'Europe. Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge."

"Le climat ?" répète une dame d'une cinquantaine d'années. "Je ne sais pas. Il va certainement se dégrader encore plus. Mais c'est notre propre faute - si on fait tout pour détruire la terre, faut pas être étonné, après, qu'elle soit détruite." Toutefois, elle s'inquiète surtout pour la santé des humains. "Dans cette cendre, il y a certainement des éléments nuisibles. C'est certainement dangereux pour la santé, comme à Tchernobyl, il n'y a pas si longtemps."

Un jeune homme, de l'âge d'un étudiant, voit aussi une relation avec Tchernobyl. "En avril 1986, nous avons eu Tchernobyl. En avril 2010, nous avons l'éruption d'un volcan. Ensuite ? Nous jouons avec la terre comme si elle était un élément mort. Mais non, la terre est vivante. Et si nous n'arrivons pas à comprendre que nous n'avons pas le droit de lui faire du mal, le rythme des catastrophes accéléra de plus en plus."

Et une jeune femme : "On peut être consciente de l'écologie, on peut polluer, on peut raser les forêts - peu importe ce que fait l'homme, la nature sera toujours plus forte. Elle aura toujours le dernier mot." Elle hésite pour, finalement, ajouter : "À Montpellier ainsi qu'ailleurs."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 14 avril 2010

La vie à Montpellier : culture, Méditerranée et amitié

La vie est-elle belle à Montpellier ? Micro-trottoir au jardin des plantes et à la Place de la Canourgue

Montpellier et son jardin des plantes"En Espagne", répond la première Montpelliéraine à la question où elle aimerait vivre, si elle avait le choix - et cette réponse a tout pour choquer. Car il n'y a que quelques jours, France Soir et Ipsos ont publié un sondage dont la ville de Montpellier est sortie première avec un total de 43 pour cent des voix : selon les interrogés, la vie à Montpellier serait plus agréable qu'ailleurs en France. Mais il n'y a pas que les gens du nord qui auraient voté pour Montpellier - parmi les habitants de la région, 60 pour cent sont persuadés que nulle part on ne vivrait si bien qu'à Montpellier.

"Oui, j'aime bien Montpellier", assure la dame dans la quarantaine qui sort juste d'une promenade dans le jardin des plantes. "Mais mon rêve, c'est l'Espagne. Je suis née ici, à Montpellier, mais mon père est de Malaga. J'y ai beaucoup de cousins et cousines - et un jour j'irai peut-être vivre là-bas."

Que pensent les autres Montpelliérains de la vie à Montpellier ? Un homme dans la soixantaine, installé sur un banc au jardin des plantes, accueille la question avec un grand sourire. "Où pourrait-on vivre mieux ? Regardez autour de vous." Sa main décrit un grand cercle. "Connaissez-vous un endroit plus joli ? On a le soleil, la nature, le calme... Et à peine dix minutes d'ici grouille la vie. Qu'est-ce que vous voulez de plus ?"

Montpellier, Place de la CanourgueIl confie aux Gens de Montpellier qu'il est né à Montpellier, mais qu'il est parti après le bac. "Faire des études ailleurs, voir le monde... j'ai travaillé à Paris, à Bruxelles, au Maroc... Finalement, je suis rentré. Et aujourd'hui, je me demande si jamais j'avais dû partir."

Les deux étudiantes qui se promènent près des bambous du jardin des plantes ont un point de vue moins philosophe. Elles sont anglaises et séjournent à Montpellier pendant quelques mois pour apprendre le français. "Montpellier est géniale", déclare l'une. "On fait la fête tout le temps. On a beaucoup d'amis à la fac, et on sort beaucoup." - "Et les week-ends", ajoute l'autre, "on va en randonnée. Les environs de Montpellier sont merveilleux."

De toute manière, "faire la fête" ne les a pas empêchées d'apprendre le français. "On parle français avec les copains, ça aide. On est une bande internationale, et le français est la langue que nous avons tous en commun."

Jardin fleurie : le jardin des plantes"International" est un mot qui caractérise bien la vie dans les rues de Montpellier. "Quand on passe dans la rue de la Loge, on a l'impression de faire un cours de langue. Mais de toutes les langues à la fois", dit un jeune homme. "Et ça, vous ne le trouvez qu'à Montpellier." Sa copine lui donne raison : "Oui, c'est formidable, toutes les nations qu'on rencontre ici. Je veux dire... on peut apprendre beaucoup de ces gens. Moi je ne voudrait jamais vivre dans une ville qui n'est pas internationale." Toutefois, il y a un petit désavantage : "Ce qui est triste, c'est qu'on lie amitié avec des gens et après, il partent après quelques mois. Et nous on reste ici, et ils nous manquent."

Ville internationale, ville d'amitié... "Il est très facile de se faire des amis ici. Les gens sont si ouverts", commente une dame dans la cinquantaine. "J'ai passé ma vie à Paris. Mais j'ai divorcé il y a deux ans, et je voulais tout recommencer. C'est comme ça que je suis venu à Montpellier. Et je ne l'ai pas regretté : après deux ans, je me trouve avec plein d'amis, je fais partie d'un choral, je fréquente des conférences - il y a toujours quelque chose à faire. À Montpellier, on n'a pas besoin de se sentir seule."

Mais il n'y a pas tout le monde qui est de cet avis. "Si j'apprécie la vie à Montpellier ?" répète un Monsieur dans la soixantaine. "Je ne sais pas - la vie à Montpellier est comme ailleurs. Si on est seul, elle est toujours triste. Ce faire des amis ? Comment, s'il vous plaît ? Tout le monde ne pense qu'à soi-même. Si vous n'avez pas de famille, personne ne s'intéresse à vous. Ici comme ailleurs."

Ou : "Non, j'aime pas les Montpelliérains. Ils sont trop superficiels. Ils ne pensent qu'à faire la fête, mais il n'y a rien de profond chez eux. Mais au moins", la dame dans la quarantaine soupire, "on peut dire qu'il y a le soleil, parfois."

Les cafés de la place de Canourgue sont plus ou moins remplis, malgré l'heure matinale. Il y a des gens de l'âge de retraité qui prennent leur café et lisent le journal, des étudiants dont la table est remplie de papiers, des touristes... "Oui, on aime beaucoup Montpellier", explique une dame d'une trentaine d'années, visiblement une touriste qui écrit juste des cartes postales. "On vient de Nantes. Au début, on est venu pour notre fille qui a fait ses études ici. C'est comme ça qu'on a découvert Montpellier. Mais entre-temps, elle travaille à Paris, et on vient quand même. La ville est belle, la mer est proche, et il fait beau. Et on aime votre musée Fabre. Déjà le musée vaut la peine de passer ses vacances à Montpellier."

Et le Monsieur plus âgé qui lit son journal à la table voisine ? - "Montpellier ? Oui, j'aime bien ici. Personne pour vous emmerder, les gens s'occupent de leurs affaires, ils sont tranquilles. Et la ville est toujours vivante, pas comme dans certaines villes plus au nord où tout est mort à partir de 19 heures." - Profite-t-il de l'offre culturelle de Montpellier ? Il sourit. - "Oh oui, on peut dire ça. Je vais souvent au concert, au Corum, et j'aime l'opéra. Bientôt, il y aura le festival de Radio France, et j'y irai tous les jours."

Un jeune homme qui, au même café, travaille sur un ordinateur résume un peu l'opinion de presque tous les interrogés : "Concernant Montpellier, on ne peut pas dire que c'est ceci ou cela. Il y a tout à Montpellier. La ville a beaucoup de facettes. Je suis sûr qu'il y a des gens qui ne s'y sentent pas bien. Et d'autres qui ne veulent pas vivre ailleurs. C'est une ville très culturelle, certes, mais il y a aussi d'autres villes culturelles. Il y a la Méditerranée, mais la Méditerranée est aussi à Marseille, Nice ou Perpignan. Mais il y a autre chose à Montpellier, quelque chose que je ne sais pas définir. Quelque chose qui distingue Montpellier de toute autre ville. Et qui fait que je me sens bien ici."

Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 12 avril 2010

Montpellier, la ville où les Français aiment vivre

Nouveau sondage sur la qualité de vie dans les villes françaises : Montpellier emporte le palmarès

Arc de triomphe à MontpellierLorsqu'il est question des sondages sur les villes de France, on tombe forcément sur Montpellier - et généralement dans les premières places. Ainsi, en décembre dernier, Montpellier a gagné la troisième place dans le palmarès des villes étudiants. Aujourd'hui, dans un sondage organisé par France Soir et Ipsos, Montpellier atteint même la première place : celui de la ville française "où il fait bon vivre".

Qui sera étonné d'apprendre que non seulement la première place, mais aussi les trois places suivantes sont occupées par des villes de la moitié sud de la France... ? Tandis que Montpellier a gagné avec 43 pour cent des interrogés qui déclarent que notre ville serait leur préférée pour y vivre, Toulouse n'est pas loin avec 42 pour cent. Bordeaux et Nice sont un peu moins appréciés - ils ont gagné respectivement 34 et 33 pour cent des voix. Le palmarès des villes du nord est emporté par Nantes qui, avec 26 pour cent des voix, est déclaré cinquième parmi les places bien aimées par les Français.

Selon le sondage de France Soir et Ipsos, peu de Français aiment vraiment les villes du nord et, surtout, les grandes villes. Ainsi, Paris n'a reçu que 25 pour cent, Lyon 22 pour cent et Marseille, bien que ville du sud, n'a emporté que 17 pour cent. Il y a donc trois fois plus de Français qui souhaiteraient vivre à Montpellier qu'à Marseille...

Montpellier : OdysseumMais vivre à Montpellier n'est pas seulement un rêve pour ceux qui, pour une raison ou une autre, ne le font pas : les Montpelliérains eux-mêmes et les habitants de leur région sont également de l'avis qu'aucune autre ville ne vaut Montpellier - selon Ipsos, 60 pour cent des résidants du Languedoc-Roussillon ont voté pour Montpellier. On dirait donc que les Montpelliérains ne sont pas trop mécontents de leur ville.

Toutefois, si on regarde le sondage d'un peu plus près, on se rend compte que Montpellier a gagné "par points", mais que la ville près de la Méditerranée n'est première dans aucun des dix critères sur lesquels base le calcul. Il y a, par exemple, le climat : Montpellier a une place excellente dans la question qui tourne autour de son climat - aux yeux de beaucoup de gens, notamment des Parisiens, il ne pleut "jamais" à Montpellier... ou presque. Toutefois, le palmarès du climat est accordé à Nice. 57 pour cent des Français sont persuadés que nulle part il ne ferait si beau qu'à Nice. Marseille obtient la troisième place dans le concours autour du meilleur climat - mais ce classement ne lui sert pas à grand-chose dans le calcul général.

Reste la question si les personnes interrogées ont répondu suivant leurs expériences ou leurs préjugés. François Doridot, le directeur général d’Ipsos, a plutôt l'impression que certaines personnes auraient répondu sans même connaître leur "ville préférée". Et cela, selon lui, aurait surtout nui à Marseille, c'est-à-dire empêché un meilleur classement général. Il pense que Marseille aurait toujours la réputation d'une ville "sale" - ce qui prouverait que les gens parlent sur une ville sans même avoir mis le pied dans ses rues.

Les autres points forts de Montpellier seraient la qualité de son environnement - donc moins de pollution qu'ailleurs - et sa convivialité. Sans doute, le mode de vie des gens de Montpellier a toujours bonne réputation.

Montpellier et ses arceauxUn point étonnant : les Français pensent qu'on vit bien à Montpellier - mais l'idée du tourisme ne les tente pas beaucoup. Ici, c'est Paris qui emporte le premier rang - Montpellier n'atterrit que sur la sixième place. Un autre "point faible" de Montpellier est sa culture. Tandis que la plupart des Montpelliérains semblent persuadés que "plus de culture n'est pas possible" - comme l'exprime une étudiante de la fac des lettres -, les Français n'ont pas encore découvert ce côté de la ville. Pour eux, Montpellier ne mérite que le septième place dans l'échelle des villes culturelles.

Et, autre point qui choque les Montpelliérains, les Français n'apprécient pas entièrement l'architecture de leur ville. Le palmarès de l'esthétisme de l'architecture est offert à Toulouse. Les efforts d'un Marius Ramus, Édouard André, Roberto Bofill, Claude Vasconi et des autres grands architectes qui ont construit Montpellier au fil des années et des siècles n'étaient donc pas suffisants pour séduire les Français.

Cependant, rien ne paraît plus beau qu'être étudiant à Montpellier. Les prix des loyers sont dans la moyenne - bien que les Montpelliérains ne sont pas toujours de cet avis -, tout est sur place pour faire la fête, et la bière ou le vin sont moins chers que dans les grandes villes. Celui qui lie "étudiant" à "faire la fête" trouve son compte à Montpellier, au moins selon les sondages. Vu que la vie étudiante ne consiste pas seulement en "faire la fête" - même à Montpellier, les étudiants sont tenus à étudier - il se pose la question si la ville sous le soleil "éternel" est aussi bien placé pour travailler les cours de la fac. Or, comme l'université montpelliéraine a toujours bonne réputation, la fête et les études y font bon menage...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

samedi 10 avril 2010

Le Printemps de la démocratie à Montpellier

Plan d'aménagement, plan local de déplacement, biodiversité... le Printemps de la démocratie est arrivé

Printemps de la démocratie à MontpellierLe temps passe et le printemps arrive. Et avec lui, la deuxième édition du "Printemps de la démocratie" à Montpellier. Cette année-ci, les points d'actualité sont la biodiversité, le plan local de déplacement et les priorités de l'aménagement. L'idée de ce nouveau printemps de la démocratie est de donner aux Montpelliérains la possibilité de s'exprimer auprès des responsables de la ville, de prendre la parole, de discuter et d'échanger pour, peut-être, arriver à une meilleure compréhension entre les responsables de la mairie et les gens de Montpellier...

Un sujet qui, on ne pourrait pas le cacher, est d'une actualité brûlante : le plan local de déplacement. Actuellement, les Montpelliérains souffrent des travaux partout dans la ville qui provoquent des embouteillages dans les rues et des perturbations majeures dans les transports publics. Or, le mécontentement des habitants de Montpellier et de leurs visiteurs n'est qu'un côté de la situation - l'autre est l'avenir de la ville. Depuis des années, Montpellier ne cesse pas de croître. Dans une vitesse époustouflante, une petite ville de province s'est transformée en lieu de culture et de rencontre internationales. Mais physiquement, la structure de Montpellier n'a pas suivi ces développements : selon la mairie, cela fait une trentaine d'années que Montpellier n'a plus constitué de plan d'aménagement. Il était donc temps de "bouger".

Biodiversité à MontpellierToutefois, plan d'aménagement ou non, il y a un élément qui a changé la circulation dans la ville : le tram. Et, selon la mairie de Montpellier, ce changement sera encore plus remarquable - et utile - avec la finition de la nouvelle ligne 3 en 1012 et, quatre ans plus tard, de la quatrième ligne. La mairie parle même d'un "virage historique".

Or, pour pouvoir vivre ce virage historique, il y a d'abord le moment de la "souffrance" : les participants au trafic de la ville qui s'énervent, qui "contaminent" les autres de leur mauvais humeur, les usagers des bus qui râlent et les conducteurs qui, face à tant de clients mécontents, deviennent de moins en moins gentils... Bref, Montpellier vit un "cercle infernal" de mauvais humeur qui doit être interrompu. - Et, sans doute, il n'y a rien de plus utile pour régler une telle situation que - discuter.

C'est pourquoi Montpellier a instauré le Printemps de la démocratie. À l'affiche cette semaine : mardi à 18 heures, à la Croix d'Argent, Maison pour tous Michel Colucci, le Conseil Consultatif des Comités de Quartiers organise un débat sur "l'utilisation de l'espace public par tous et pour tous". Vaut-il la peine d'assister à un tel débat ? "Bien sûr", décide une dame d'une cinquantaine d'années qui a déjà participé au Printemps de la démocratie de l'année dernière. "Ce sommes nous, les Montpelliérains, qui payons pour les espaces publics. C'est alors à nous, aussi, de décider de ce qu'on fait. Mais si on se contente de râler, au lieu de participer, les gens 'là haut' font ce qu'ils veulent."

Un autre débat a lieu vendredi prochain, 18 heures, à la Maison pour tous Marie Curie sur l'Esplanade de Celleneuve qui traite, justement, du Plan local de déplacement. Et le même sujet est discuté samedi à 9.30 heures à la Maison pour tous Escoutaïre du quartier du Prés d'Arènes et, à la même heure, à la Maison pour tous Paul-Emile Victor au quartier Cévennes.

Nature à MotnpellierMais ces rencontres ne servent pas uniquement aux explications que la mairie doit aux Montpelliérains - elles sont aussi programmés pour trouver de nouvelles idées. Les habitants de Montpellier ont forcément d'autres idées que les gens qui gouvernent la ville - et ce sont ces idées qui rendent une ville humaine. De toute manière, la mairie a compris qu'elle ne devrait pas se priver des idées de ceux qui vivent le quotidien de la ville.

Et, comme si souvent ce dernier temps, on revient à la biodiversité - 2010, année mondiale de la biodiversité, oblige. La biodiversité n'est évidemment pas un enjeu "général", mais une question qui concerne les quartiers. L'idée de la mairie est d'instaurer une sorte de surveillance partout dans la ville pour sensibiliser les Montpelliérains à la richesse de la nature qui vit au milieu des leurs rues.

Un autre sujet qui fait partie de la question de la biodiversité est la gestion des friches urbaines. Ces friches ont certainement besoin d'être aménagées - mais comment ? Le Printemps de la démocratie pourrait amener une solution dans le cadre de l'aménagement des territoires, susceptible de plaire à tout le monde...

Mais celui qui dit rencontre dit aussi fête - c'est comme cela à Montpellier. Ainsi, le Conseil consultatif du quartier de Port Marianne a eu l'idée de proclamer une journée de convivialité autour de la biodiversité... qui vaut certainement la peine d'être découverte dans un quartier qui inclut les bords du Lez. Ce jour de convivialité et de la découverte est programmé pour le 29 mai.

On parle de l'aménagement, du plan local de déplacement, de la biodiversité, de la nature en ville - mais le Printemps de la démocratie est aussi là pour parler des habitants de Montpellier. Ainsi, on discute aussi sur les "différences" qui ne sont pas si différentes que cela, on parle des enfants et leur besoin de bien vivre dans une ville qui, par sa position si proche de la Méditerranée, devrait ressembler à un petit paradis, on n'oublie pas la vie des seniors et, surtout, on parle du fameux "vivre ensemble"...
Photos et texte : copyright Doris Kneller

mercredi 7 avril 2010

Montpellier écologique : bouger à pied, à vélo ou prendre le tram

Montpellier et ses transports : les Montpelliérains comptent sur leurs trams et bus

Habiter écologiqueEt Montpellier continue à forger sa réputation de ville écologique. "L'ambition", a déclaré récemment la mairie de Montpellier, "de Montpellier est de devenir une référence nationale et internationale en matière de biodiversité urbaine" : la participation à l'opération "60 Earth Hour" censé" sensibiliser les gens au réchauffement climatique de la terre, l'intention de la ville d'atteindre un maximum des 60 objectifs présentés dans le plan climat de la région Languedoc-Roussillon,...

..., les lumières de la place de la Comédie d'une émission réduite de gaz carbonique, la nouvelle mairie "bourrée" d'installations qui correspondant aux dernières normes écologiques, 18.480 visiteurs à l'exposition "Habiter écologique" à l'Hôtel de Ville... Sans doute, désormais, Montpellier a tout pour gagner et défendre son nouveau titre. Et cela n'est pas tout : les environs de Montpellier, plus précisément le Cap Alpha, hébergent même l'entreprise "Deinove" qui, en ce moment, se prépare à entrer en bourse pour investir encore plus dans ses recherches d'un carburant vert.

biodiversité urbaineIl est vrai que, dans le dernier palmarès des villes étudiantes, Montpellier n'est arrivé qu'au douzième rang pour ses "qualités environnement". Mais ce petit point noir dans l'avenir vert de la ville peut s'effacer jusqu'au jour des prochains sondages...

Toutefois, Habiter écologique, 60 Earth Hour, plan climat, biodiversité urbaine, carburant vert - rien ne vaut les véritables "déplacements écologiques" : laisser la voiture et prendre le tram. Or, selon de plus en plus de Montpelliérains, "le tram n'est plus fiable du tout", comme déclare une dame dans la quarantaine. "À quoi ça sert qu'à Montpellier, nous avons un système de tram fantastique si on s'apprête à aller travailler le matin sans savoir si, ce jour-là, les trams ne sont pas en grève."

C'est surtout la grève spontanée du 19 mars dernier qui a troublé la confiance qu'avaient beaucoup de Montpelliérains dans leur tram. "Il est vrai qu'un des leurs a été agressé", continue la dame, "mais peut-être courraient-ils moins de risque s'ils étaient un peu plus gentils avec leurs clients. Et, surtout, si on pouvait mieux compter sur eux." Ensuite, elle raconte que, le dimanche dernier, elle voulait prendre une des lignes de bus qui, le week-end, ne roulent que toutes les trente minutes : "J'étais à l'arrêt cinq minutes avant le départ officiel. Jusqu'à maintenant, je ne peux pas dire si le bus est parti plus de cinq minutes avant l'heure prévue ou s'il n'est jamais arrivé - de toute manière, j'étais obligée d'aller à pied."

tram à MontpellierBien sûr, aller à pied est bien pour la santé et encore plus écologique que prendre un bus - mais, comme souligne la dame, "faut-il obliger les Montpelliérains fidèles au TAM de renoncer à tout moyen de transport ?"

Les trains, autre moyen de transport écologique, ne trouvent pas non plus tant d'adeptes qu'auparavant. "Ils ont annoncé la grève pour mardi", raconte une étudiante, "ainsi, j'ai pris le train lundi. Et j'aurais pas dû - c'était la galère. Il y avait à peine un train sur deux, tout était bondé, on a attendu deux heures..."

Mais ce qui reste, c'est le vélo. Jamais, dit-on, il n'y avait tant de gens à Montpellier qui se déplaçait en vélo. "Je n'ai pas de vélo", raconte un homme d'une trentaine d'années, "et, surtout, je n'ai pas de place pour le garder. Le système de la Tam est alors idéal pour moi." Le "vélomagg" - vélo Montpellier Agglomération - est une des idées de la région de Montpellier qui a eu ce qu'on peut appeler un plein succès. "Pour une fois, une très bonne idée", commente aussi une dame d'à peu près le même âge. "Pas tout le monde à un vélo, mais tout le monde a envie de faire le vélo. Faire le vélo, c'est quelque chose qu'on n'oublie jamais." Et elle éclate de rire.

Cependant, les idées "écologiques" de Montpellier ne s'y arrêtent pas : il y a encore ce qu'on appelle les "carapattes". Les "carapattes" sont tout simplement, comme le dit la publicité, des "autobus pédestres" consistant dans un groupe d'enfants accompagnés par des parents bénévoles. Ces groupes pédestres suivent un chemin conçu par les services de la mairie, sous les critères d'être les plus sûrs et les plus rapides possible : "...afin que les enfants arrivent à l'heure en classe."

La publicité ajoute qu'un trajet à pied de trente minutes rend l'enfant plus attentif en classe. - Le public n'a jamais mieux accueilli l'idée de faire marcher les enfants sur leur chemin à l'école...

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Le plan climat de la région Languedoc-Roussillon
Montpellier et 60 Earth Hour
Biodiversité et écologie à Montpellier
Montpellier et son plan d'aménagement
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Opéra-Comédie : Montpellier, ville écologiste, ville pionnière
Jean Nouvel, George Frêche, Hélène Mandroux et la nouvelle mairie à Montpellier
Photos et texte : copyright Doris Kneller

lundi 5 avril 2010

Vanessa Fall-Caillol et l'Amma assis : une créatrice à Montpellier

Nouvelle création de jeune entreprise : l'Amma assis, les massages du bien-être

Vanessa Fall-Caillol et Amma assisAu début, l'art plastique l'attirait. Ensuite, elle a compris qu'il fallait gagner sa vie, et elle a passé un BTS de gestion. Et comme tant de jeunes étudiantes, elle a travaillé "à côté", pour gagner l'argent nécessaire pour ses études : elle a commencé comme "équipière polyvalente" dans la restauration rapide, a avancé jusqu'au manager et, plus tard, elle est devenu manager dans la grande distribution...

...bref, sa carrière était assurée avant qu'elle ait atteint ses trente ans. Elle aurait décroché des postes avec de plus en plus de responsabilité et des rémunérations de plus en plus élevées. Toutefois, c'est à ce moment que Vanessa Fall-Caillol a compris qu'elle avait entamé une voie qui n'était pas la sienne. "Je ne me sentais pas totalement épanouie", se rappelle-t-elle aujourd'hui. Je me suis rendu compte que je ne voulais pas de cette carrière. Parfois, il faut admettre qu'on s'est trompé."

Surtout lorsqu'on sait "depuis toujours", quel est le bon chemin. Car déjà au cours de son enfance chez ses grands-parents, aux Bouches-du-Rhône, Vanessa Fall-Caillol avait appris l'importance du bien-être qu'on peut donner à son prochain. Elle pense que cela vient peut-être de ses origines sénégalaises. "Ma grand-mère m'a appris que, dans les pays d'Afrique, le contact entre les gens est une chose très importante qui fait partie de la vie."

Amma assis, les massages du bien-êtreMais la grand-mère de Vanessa Fall-Caillol n'est pas seule à penser que le contact, le "toucher", est essentiel pour le bien-être - la médecine lui donne de plus en plus raison. Ainsi, on a constaté que déjà les bébés savent apprécier un massage qui leur fait du bien et que les personnes âgées, surtout celles qui vivent seules, ont besoin d'un contact proche pour ne pas se sentir abandonnées. L'Amma assis a été "inventé" pour donner ce bien-être.

À l'époque où Vanessa Fall-Caillol a donné des messages à sa grand-mère - juste pour lui faire plaisir - elle ne pouvait suivre que son intuition. Entre-temps, elle a joint les bonnes techniques à sa douceur et son talent de sentir ce qui plaît aux "receveurs", au gens à qui elle donne un Amma assis, ce massage du bien-être qui relaxe et qui aide à gérer le stress. Elle joint ses clients à domicile - ou, plutôt, ses "sujets" ou "receveurs", car l'expression "client" ne correspond pas aux idées de l'Amma assis - mais elle couvre aussi l'événementiel, travaille dans les clubs de sport ou soutient les responsables des entreprises à montrer à leur collaborateurs que leur envie de leur donner du bien-être n'est pas un mot vide. Toutefois, lorsqu'un chef d'entreprise offre à ses employés des massages Amma assis, ce n'est pas par pure gentillesse - ils ont aussi compris que des séances d'Amma assis sont "moins chères que la gestion du stress et des maladies qui en résultent".

Il y a quelques semaines, raconte Vanessa Fall-Caillol, elle aurait mis son art à la disposition des visiteurs d'une foire. "Je pouvais pas comprendre", s'étonne-t-elle, "que les gens se sont fâchés l'un contre l'autre. Ils se sont plaints que les autres profiterait trop longtemps des massages Amma assis. Mais au moment où c'était leur tour, ils étaient très contents quand je leur ai donné un peu plus du temps."

Vanessa Fall-Caillol et les massages du bien-êtreDonner du temps - pour Vanessa Fall-Caillol le temps est une des bases du bien-être. Elle est contente de ne plus être obligée d'appliquer les règles de la "grande distribution". Ici, tout ce qui compte est le sentiment d'être bien. Quand elle touche un "receveur", elle a l'impression qu'une autre personne la touche de la même manière. Ainsi, elle sait ce que son "sujet" ressent. "Pendant que je fais le massage assis, je vide entièrement mon esprit. Je me donne à fond. Tout ce que je veux, en ce moment, c'est faire plaisir à la personne."

Encore, les bienfaits de l'Amma assis ne sont pas connu partout. Vanessa Fall-Caillol fait partie de ces ambassadrices qui montrent que le bien-être est possible, même dans un monde de stress. Toutefois, de plus en plus de gens comprennent ce que la grand-mère de Vanessa disait déjà à l'époque de son enfance : le contact est essentiel pour le plaisir de vivre. Et Montpellier et ses environs ont le plaisir d'avoir une femme comme Vanessa et son Amma assis.

D'autres créatrices d'entreprises dans "Les gens de Montpellier" :
Nicesse Tassot, traiteur oriental, et Tropic Délices
Photos et texte : copyright Doris Kneller

dimanche 4 avril 2010

Pâques à Montpellier : plages, parkings, visites - et festival de cinéma

Les Montpelliérains à Pâques - partir de Montpellier ou rester en ville ?

Vacances à MontpellierQue les Montpelliérains feront-ils le week-end de Pâques ? - "Partir", est une réponse très fréquente. Comme, par exemple l'étudiante de la fac de Richter : "Je vais voir ma famille. Pendant les vacances, j'ai d'autres plans, mais pour Pâques, ça fait plaisir de voir un peu mes soeurs et frères." - Voir la famille fait aussi plaisir à des gens plus âgés : "Pâques, chez nous c'est le jour des réunions familiales", explique une dame dans la cinquantaine. On est contents de se revoir, on se querelle, comme dans toutes les bonnes familles..."

Toutefois, bien que Pâques soit un long week-end qui, selon beaucoup de Montpellérains, mérite d'être partagé avec des proches habitant dans d'autres régions, pas tout le monde s'en va. "Partir pendant les jours de Pâques ?" Le monsieur d'une quarantaine d'années rigole. "Je préfère partir quand tout le monde est en ville. Déjà, les autoroutes sont surchargées, ce week-end, je n'aime pas rouler sous de telles conditions. Et puis, on trouve enfin des parkings au centre. Ces longs week-ends sont tellement agréables en ville que ce serait dommage de la quitter."

Pâques à Montpellier"Si je quitte Montpellier pendant le week-end de Pâques ?", demande la dame elle aussi dans la quarantaine. "Non, je ne crois pas. Je n'ai pas vraiment les moyens, et je n'ai pas non plus des amis où je pourrais aller. Mais ce n'est pas grave", ajoute-t-elle. Il y a assez des choses qui se passent ici." - Que, selon elle, se passe à Montpellier pendant le week-end de Pâques ? - "Il y a, par exemple, le festival du cinéma espagnol. Deux films par jour, au centre Rabelais. Et tous les films sont gratuits. N'est-ce pas formidable ? Vous n'avez pas ça dans d'autres villes."

"Non, je n'ai pas envie de partir ce week-end", dit aussi une autre dame, d'à peu près le même âge. "Il commence juste à faire beau. Je pense qu'on va aller à la plage."

Une dame de quelque trente-cinq ans rêve aussi de la plage. "J'espère qu'on pourra enfin aller à la plage. Mon fils me le demande depuis des semaines. Après l'hiver, c'est toujours si beau, revoir la plage, se promener, peut-être même se baigner. On a la chance d'être si proche de la mer, ici à Montpellier."

Loisirs à Montpellier"Ce que je ferai le week-end de Pâques ?" La dame d'une soixantaine d'années sourit. Elle aussi considère ce long week-end comme occasion de revoir sa famille. "Je le passerai avec mon fils. Il va venir me rendre visite, avec sa copine. Elle est très gentille, je suis très contente qu'ils viennent."

Toutefois, pas tout le monde est content de recevoir la famille. "Partir ? Pour Pâques ?" demande un autre Monsieur lui aussi d'une quarantaine d'années. "Il ne faut pas rêver. Les longs week-ends, c'est toujours la famille qui arrive. Le frère de ma femme. Ils profitent de ce qu'on habite dans le sud." Et il continue : "Je suis évidemment enchanté de les voir, ce sont des gens bien. Mais leurs visites m'empêchent de partir moi aussi."

D'autres Montpelliérains profitent plutôt de l'occasion pour se détendre. "Je vais surtout me reposer", explique une jeune femme. "Et faire un tour en ville, peut-être aller au ciné avec une copine. C'est si beau d'avoir un long week-end, j'ai pas envie de le gâcher avec trop d'activité."

Pour ceux qui ont des enfants, par contre, le week-end de Pâques est plutôt consacré aux activités : "Ma fille part en vacances, je garderai alors mon petit-fils", explique une dame dans la soixantaine. "On va aller au zoo, à la plage, se promener en ville, manger une glace sur l'Esplanade... J'adore l'Esplanade, surtout quand il y a le soleil. Tout fait plaisir quand j'ai mon petit-fils et quand il fait beau..."
Photos et texte : copyright Doris Kneller

jeudi 1 avril 2010

François Lapeyronie et Saint-Côme de Montpellier

Saint-Côme, Lapeyronie et le premier centre de congrès à Montpellier

La chambre de commerce, Saint-Côme, à MontpellierÀ l'origine, on ne pensait pas encore à des institutions comme la chambre de commerce. Pour les Montpelliérains - ou au moins pour ceux qui avait quelque chose à dire et l'argent pour réaliser leurs idées - tout ce qui comptait, au milieu du 18ème siècle, c'était l'université ou, plus précisément, la fac de médecine.

François Gigot de Lapeyronie, la "vedette" parmi les étudiants de médecine à Montpellier, voulait absolument que ses étudiants aient un amphithéâtre d'anatomie digne de ce nom. Il décida alors de léguer 100.000 livres à la ville pour qu'elle puisse construire cet amphithéâtre dont les étudiants montpelliérains avaient tant besoin : c'est donc grâce à Lapeyronie que le Collège Saint-Côme fut construit.

Celui de Lapeyronie est un des premiers noms qui se présentent à un Montpelliérain réfléchissant sur les grands hommes sa ville. Lapeyronie est né à Montpellier, il y fit ses études de médecine, et bien que, à la fin de ses études, il passe quelque temps à l'université de Paris, il revint deux ans plus tard pour entrer à l'hôpital de Saint-Éloi sur la Place d'Armes, situé sur la Place de la Comédie, là où, aujourd'hui, se trouve le "Monoprix".

Montpellier : Saint-CômeMais ce ne fut pas tout. Déjà un peu plus tard, il enseigna la médecine à la faculté de Montpellier, fut déclaré médecin et chirurgien personnel de Louis XV, fonda l'Académie Royal de Chirurgie, devint ce qui peut être considéré comme un pionnier de la médecine moderne - et finit ses jours dans un appartement luxurieux à Paris, dans les Tuileries, un cadeau du roi qui, la générosité déclenchée, en profita pour aussi l'anoblir.

Ce fut cette fin de noble bien établi à Paris qui lui coûtait quelques sympathies à Montpellier. Sa carrière assurée, ce fils du Midi avait-il oublié sa ville ? - Mais non, il n'avait oublié ni Montpellier ni ses étudiants. À la toute dernière minute, enfin, au moment où il fit son testament, il ne pensait pas seulement à sa ville adorée, mais il lui offrit aussi un cadeau très important : 100.000 livres.

La somme de 100.000 livres était beaucoup d'argent à cette époque. En plus, pour arrondir la somme, Lapeyronie y ajouta les deux maisons qu'il possédait à Montpellier. Car comme tous les Montpelliérains qui s'occupèrent jamais de la construction d'édifices importants, Lapeyronie ne voulait pas que l'on érige "n'importe quoi" - il rêvait d'une copie du Collège Saint-Côme à Paris. La nouvelle annexe de l'université de Montpellier devrait être aussi magnifique que l'original à Paris ou, mieux, encore "plus parfait" que celui-ci, comme Lapeyronie spécifia dans son testament.

La CCI de Montpellier, Saint-CômeAinsi, vers la fin du 18ème siècle, les étudiants de médecine pouvaient se rendre à Saint-Côme pour les démonstrations anatomiques. Mais cette idée ne suffisait pas à Lapeyronie lorsqu'il planifia le cadeau destiné à ses étudiants : Georges Frêche, lorsqu'il fit construire le Corum, n'était pas le premier à voir pour Montpellier un avenir glorieux comme ville de congrès internationaux - déjà Lapeyronie prévit que des maîtres-chirurgiens de tous les coins de la France et, peut-être, de plus loin pourraient se donner rendez-vous dans sa ville préférée. Ainsi, le Collège Saint-Côme fut doté de salles de conférence et de logements pour les invités lors de leurs assemblées à Montpellier.

Passons sur le fait qu'un autre médecin de roi, François Moostet - sa tâche était de s'occuper de l'armée - ajouta au don de Lapeyronie une rente d'exactement 1505 livres qui permit aux Montpelliérains d'agrandir le Collège Saint-Côme par la construction d'une école d'opération où les étudiants pouvaient transformer leurs connaissances théoriques en exercices pratiques.

Finalement, comme dans toute histoire d'un édifice montpelliérain, la révolution arrive et, avec elle, les grands changements. Or, le Collège Saint-Côme eut plus de chance que d'autres bâtiments : il n'est pas détruit mais juste vendu "au profit de la nation". Ainsi, dès 1801, l'ancien amphithéâtre de médecine se transforme en "Bourse de Commerce de la Commune de Montpellier" et, 19 ans plus tard, en Chambre de Commerce et d'Industrie...
Photos et texte : copyright Doris Kneller